Libellule 203
En favorisant le passage au logiciel libre, suite à la campagne « Non à la Taxe Windows » qui a permis de gagner un sursis d’un an pour les mises à jour gratuites de Windows 10. Initialement, la fin du support gratuit était prévue pour octobre 2025, mais face à la mobilisation de plus de 50 000 signataires, dont Montpel’libre, Microsoft a accordé une prolongation jusqu’en octobre 2026 pour le grand public. Cependant, cette mesure reste limitée et ne règle pas la dépendance mondiale à Windows, notamment dans les administrations publiques et le secteur éducatif, qui doivent souvent renouveler leurs équipements prématurément, coûteux et peu durables.
Ce contexte met en lumière la nécessité de s’émanciper du verrou des logiciels propriétaires. Le passage à Windows 11, qui impose des exigences matérielles strictes comme la puce TPM 2.0, accentue cette dépendance et soulève des enjeux de souveraineté numérique. Les alternatives existent : GNU/Linux, un système d’exploitation libre, garantit la sécurité sans nécessiter de matériels coûteux. Développé par des communautés ouvertes, il permet une maîtrise durable des outils informatiques, réduit les coûts liés aux licences et favorise la résilience face aux décisions unilatérales des multinationales. Malgré ces avantages, la majorité des utilisateurs restent peu informés des options libres. La pétition « Non à la Taxe Windows » demande notamment que les éditeurs soient obligés d’informer clairement sur la possibilité de basculer vers des systèmes libres et que les consommateurs puissent acheter des ordinateurs sans système préinstallé, afin de renforcer leur liberté de choix et leur autonomie numérique. La transition vers le logiciel libre progresse : en France, entre juillet et août 2025, l’utilisation de GNU/Linux a doublé, représentant près de 11,5% des systèmes d’exploitation, avec plus de 2,2 millions d’utilisateurs réguliers en septembre. Des initiatives telles que la carte collaborative Aide GNU/Linux ou le programme « Adieu Windows, bonjour le libre ! » facilitent cette adoption. Par ailleurs, des acteurs éducatifs et institutionnels s’engagent à déployer GNU/Linux dans les écoles, la gendarmerie et d’autres services publics. Montpel’libre peut vous accompagner dans ce choix. Le gouvernement français, dès 2012, reconnaissait déjà que le logiciel libre devait être piloté par les besoins, pour limiter les évolutions inutiles. La création en 2021 du « Pôle open source et communs numériques » et la stratégie pour 2023-2027 dans l’éducation nationale montrent une volonté de développer ces solutions. Des pays comme le Danemark ou la province allemande du Schleswig-Holstein ont déjà amorcé leur transition vers le libre. Il est temps que la France suive cet exemple, en réduisant sa dépendance aux logiciels propriétaires, en favorisant la souveraineté numérique, la durabilité, et en permettant à chaque citoyen de disposer d’un contrôle réel sur ses outils informatiques.