Libellule 206
Le logiciel libre et le Ministère de l’Éducation nationale.
Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un sujet qui touche directement nos écoles, nos élèves et, plus largement, notre indépendance numérique : la place du logiciel libre dans l’Éducation nationale… face au géant de la tech Microsoft.
Depuis des années, les salles informatiques des établissements d’enseignement français sont peuplées d’ordinateurs sous Windows, équipés de la suite Office, et souvent connectés aux services de Microsoft 365. Une habitude bien ancrée, mais pas forcément une fatalité. Car en parallèle, le logiciel libre propose une autre voie, plus respectueuse de la vie privée, plus économique et surtout plus démocratique.
Alors, qu’est-ce qu’on entend par « logiciel libre » ? C’est un logiciel dont le code source est ouvert à tous, que chacun peut utiliser, étudier, modifier et partager. Quelques exemples : LibreOffice au lieu de Microsoft Office, Firefox plutôt que Edge, ou encore GNU/Linux en remplacement de Windows. Le principe est simple : partager la connaissance plutôt que la verrouiller. Un peu comme une bibliothèque publique, où chacun peut emprunter, améliorer et rendre à la communauté.
Mais si ces alternatives existent et fonctionnent très bien, pourquoi l’Éducation nationale continue-t-elle à dépendre de Microsoft ?
Eh bien, plusieurs raisons à cela.
D’abord, les grandes entreprises savent se rendre indispensables : elles proposent des licences « gratuites » aux écoles, un accompagnement technique, une image de sérieux. Mais ce « cadeau » a un coût caché : celui de la dépendance. Car une fois que les professeurs, les élèves et les services administratifs ont pris l’habitude d’un écosystème fermé, il devient très difficile d’en sortir.
Cela pose trois problèmes majeurs :
- D’abord, la souveraineté numérique : nos données d’élèves, nos documents pédagogiques, nos évaluations sont hébergés sur des serveurs privés, souvent à l’étranger.
- Ensuite, la pérennité : si un jour Microsoft change ses conditions d’utilisation, que se passera-t-il ?
- Enfin, la formation : familiariser les jeunes uniquement à des outils propriétaires, c’est enfermer leur apprentissage dans un modèle économique précis, au lieu de développer leur esprit critique et leur autonomie numérique.
Plusieurs associations, telles que l’April, Framasoft, l’AFUL, ou Montpel’libre militent depuis longtemps pour que le logiciel libre trouve enfin sa place dans les classes. Et certaines collectivités montrent l’exemple : la région Île-de-France ou la ville de Grenoble ont déjà expérimenté des déploiements de Linux ou LibreOffice dans leurs écoles.